Adhésion à un service de prévention et de santé au travail, visites obligatoires, suivi des salariés exposés : la médecine du travail est un pilier de vos obligations. Voici ce que vous devez organiser.
L'essentiel en 30 secondes
Le Code du travail impose à l'employeur d'organiser le suivi individuel de l'état de santé de ses salariés, assuré par le médecin du travail et l'équipe pluridisciplinaire du service de prévention et de santé au travail (SPST) auquel il adhère. Ce suivi débute par une visite d'information et de prévention (VIP), réalisée en principe dans les trois mois suivant la prise de poste.
Les salariés affectés à des postes présentant des risques particuliers - amiante, plomb, agents CMR, rayonnements, risque de chute en hauteur - bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR) : un examen médical d'aptitude est réalisé avant l'affectation au poste, puis renouvelé périodiquement.
S'y ajoutent la visite de reprise après certaines absences, la visite de pré-reprise à l'initiative du salarié ou du médecin, et la visite de mi-carrière. Le médecin du travail a un rôle exclusivement préventif : il conseille l'employeur, préconise des aménagements, mais reste tenu au secret médical.
La première erreur est de considérer l'adhésion au SPST comme une simple formalité, sans convoquer réellement les salariés aux visites. La deuxième est d'oublier la visite de reprise après un arrêt prolongé, alors qu'elle conditionne le retour au poste. La troisième est de confondre le rôle du médecin du travail avec un contrôle : il conseille et préconise, il ne juge pas.
Un suivi bien organisé protège l'entreprise : il documente l'aptitude, anticipe les inaptitudes et alimente votre démarche de prévention, en lien avec le DUERP que le médecin du travail peut consulter.
La visite d'information et de prévention (VIP) ouvre le suivi après l'embauche. Les postes à risques particuliers relèvent, eux, d'un examen médical d'aptitude préalable, renouvelé périodiquement dans le cadre du suivi individuel renforcé.
En cours de carrière s'ajoutent la visite périodique, la visite de mi-carrière pour anticiper l'usure, la visite de pré-reprise - à l'initiative du salarié ou du médecin, pendant l'arrêt - et la visite de reprise, obligatoire après certaines absences et organisée dès le retour. Chacune a un rôle précis : convoquer au bon moment, c'est sécuriser à la fois le salarié et l'entreprise.
De l’adhésion au suivi, cinq réflexes pour être en règle.
Affiliez votre entreprise à un service de prévention et de santé au travail et déclarez vos effectifs et vos risques.
Convoquez chaque nouveau salarié à sa visite d'information et de prévention, en principe dans les trois mois suivant la prise de poste.
Repérez les postes exposés à des risques particuliers et organisez l'examen médical d'aptitude préalable à l'affectation.
Après un arrêt pour maladie, accident ou maternité au-delà des seuils prévus, organisez la visite de reprise, en principe dans les 8 jours du retour.
Mettez en œuvre les aménagements préconisés et actualisez votre DUERP en conséquence.
Le suivi de santé n’est pas optionnel. Ce tableau récapitule l’essentiel.
| Obligation | Délai | Risque en cas de manquement |
|---|---|---|
| Adhérer à un SPST | Dès le premier salarié | Manquement à l'obligation de suivi ; responsabilité engagée |
| Organiser la VIP | En principe sous 3 mois après l'embauche | Défaut de suivi ; risque en cas de contentieux |
| Examen d'aptitude (SIR) | Avant l'affectation aux postes à risques | Affectation irrégulière à un poste à risque |
| Visite de reprise | Selon les seuils d'absence, dès le retour | Reprise du poste fragilisée juridiquement |
| Prendre en charge temps et frais | À chaque visite | Litige ; le temps de visite est du temps de travail |
Informations données à titre indicatif et à jour à la date de rédaction. Les modalités de suivi évoluent : vérifiez les règles applicables avec votre SPST ou un conseil.
Le médecin du travail voit ce que les tableurs ne montrent pas : les premiers signes d’usure, d’exposition, de mal-être. Bien exploité, ce suivi alimente votre prévention et anticipe les inaptitudes. Encore faut-il que vos risques soient à jour et partagés.
Vos obligations découlent des risques de votre entreprise. Integraall les évalue, les documente et les suit à votre place.
Oui. Tout employeur doit adhérer à un service de prévention et de santé au travail (SPST) et y affilier l'ensemble de ses salariés, dès le premier salarié.
C'est la visite réalisée après l'embauche, en principe dans les trois mois, pour les postes sans risque particulier. Elle peut être assurée par un professionnel de santé de l'équipe pluridisciplinaire.
Après un congé de maternité, une absence pour maladie professionnelle, ou une absence d'au moins 30 jours pour accident du travail, maladie ou accident non professionnel. Elle est organisée en principe dans les 8 jours du retour.
C'est le suivi appliqué aux salariés exposés à des risques particuliers (amiante, plomb, CMR, chute en hauteur...). Il comprend un examen d'aptitude avant l'affectation au poste, renouvelé périodiquement.
L'employeur. Les frais liés au suivi de santé et le temps passé aux visites sont à sa charge ; le temps de visite est assimilé à du temps de travail.
Non. Il est tenu au secret médical. Il transmet à l'employeur des avis et des préconisations (aptitude, aménagements), jamais d'informations médicales.
Le médecin du travail contribue à l'évaluation des risques et peut consulter votre DUERP. Un document à jour facilite son action et la vôtre.
C'est une visite destinée à faire le point sur l'adéquation entre le poste et l'état de santé à un moment clé du parcours, afin de prévenir la désinsertion professionnelle.
Cet article s'appuie sur les sources publiques de référence. Vérifiez toujours l'information à jour auprès de ces sites officiels.
Ces obligations s’enchaînent : un accident mène souvent à une inaptitude, et la médecine du travail se trouve au milieu.
Les six facteurs, les seuils, et le compte professionnel de prévention.
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