Quand le médecin du travail déclare un salarié inapte, une procédure précise s’ouvre pour l’employeur : recherche de reclassement, délais, consultation du CSE. La maîtriser, c’est sécuriser une étape sensible.
L'essentiel en 30 secondes
L'inaptitude est prononcée exclusivement par le médecin du travail, après au moins un examen médical, une étude du poste et des conditions de travail, et un échange avec l'employeur. L'avis peut viser une inaptitude à tout poste ou à un poste déterminé, et préciser les capacités restantes du salarié.
Dès réception de l'avis, l'employeur doit rechercher un reclassement sur un emploi approprié aux capacités du salarié, aussi comparable que possible à l'emploi précédent, au besoin par des aménagements. Il consulte le comité social et économique sur les propositions. Il n'est dispensé de cette recherche que si l'avis mentionne expressément que tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à la santé du salarié, ou que son état fait obstacle à tout reclassement.
Si, à l'issue d'un délai d'un mois à compter de l'examen médical de reprise, le salarié n'est ni reclassé ni licencié, l'employeur reprend le versement du salaire. Le licenciement pour inaptitude et impossibilité de reclassement doit être précisément motivé.
La première erreur est de considérer l'inaptitude comme un licenciement automatique : sans recherche sérieuse de reclassement (sauf dispense expresse), la rupture est fragilisée. La deuxième est d'oublier la consultation du CSE, dont l'absence est sanctionnée. La troisième est de laisser filer le délai d'un mois sans agir : le salaire redevient dû.
Une procédure tracée - avis, étude de poste, propositions écrites, consultation du CSE, réponse du salarié - protège l'entreprise. L'anticipation, via la visite de pré-reprise et la prévention des risques, évite souvent d'en arriver là.
Lorsque l'inaptitude fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le régime est renforcé. Les indemnités de rupture sont majorées : le salarié perçoit notamment une indemnité spéciale de licenciement et une indemnité compensatrice, dont les montants diffèrent du droit commun.
La procédure de reclassement et de consultation du CSE demeure, mais l'origine professionnelle pèse lourd en cas de contentieux, surtout si un manquement de prévention est établi. D'où l'importance de tracer, en amont, l'évaluation des risques et les mesures prises : c'est ce qui distingue une inaptitude subie d'une situation maîtrisée.
De l’avis à la décision, cinq étapes à ne pas manquer.
L'avis du médecin du travail déclenche la procédure. Notez sa date : le délai d'un mois court à compter de l'examen de reprise.
Sauf dispense expresse sur l'avis, recherchez un poste approprié aux capacités du salarié, au besoin aménagé, dans l'entreprise ou le groupe.
Présentez les propositions de reclassement au comité social et économique et recueillez son avis avant toute décision.
Soumettez par écrit les postes au salarié et recueillez sa réponse. Conservez chaque échange.
Si le reclassement est impossible ou refusé, engagez un licenciement pour inaptitude, précisément motivé, en respectant les indemnités dues.
La procédure d’inaptitude est encadrée et sanctionnée. Ce tableau récapitule l’essentiel.
| Obligation | Délai | Risque en cas de manquement |
|---|---|---|
| Reprendre le versement du salaire | À défaut d'action sous 1 mois | Salaire dû à compter du 1er mois |
| Rechercher un reclassement | Dès l'avis (sauf dispense expresse) | Licenciement sans cause réelle et sérieuse |
| Consulter le CSE | Avant la décision | Irrégularité de procédure, dommages-intérêts |
| Motiver le licenciement | À la rupture | Licenciement fragilisé si motivation insuffisante |
| Verser les indemnités dues | À la rupture | Rappel d'indemnités, contentieux prud'homal |
Informations données à titre indicatif et à jour à la date de rédaction. Le régime de l'inaptitude (notamment d'origine professionnelle) est technique : faites sécuriser chaque procédure par un conseil.
Une inaptitude est fréquemment l’aboutissement d’une exposition ou d’une souffrance non traitées à temps. La prévention – TMS, RPS, aménagement des postes – et la visite de pré-reprise permettent souvent d’éviter la rupture, ou de mieux la préparer.
Vos obligations découlent des risques de votre entreprise. Integraall les évalue, les documente et les suit à votre place.
Uniquement le médecin du travail, après au moins un examen médical, une étude du poste et des conditions de travail, et un échange avec l'employeur.
Oui, sauf si l'avis mentionne expressément que tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à la santé du salarié, ou que son état fait obstacle à tout reclassement.
Si, un mois après l'examen médical de reprise, le salarié n'est ni reclassé ni licencié, l'employeur doit reprendre le versement de son salaire.
Oui. La consultation du comité social et économique sur les propositions de reclassement est obligatoire ; son absence constitue une irrégularité.
Oui, lorsque le reclassement est impossible, refusé ou dispensé par l'avis. Le licenciement doit être précisément motivé et ouvre droit aux indemnités prévues, dont le régime diffère selon l'origine professionnelle ou non de l'inaptitude.
Lorsque l'inaptitude résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, les indemnités de rupture sont majorées et la procédure est renforcée.
L'inaptitude est prononcée par le médecin du travail et concerne le poste ; l'invalidité est reconnue par l'Assurance maladie et concerne la capacité de travail en général. Les deux sont indépendantes.
En agissant en amont : prévention des TMS et des risques psychosociaux, aménagement des postes, visite de pré-reprise. Un DUERP à jour et une démarche QVCT réduisent le risque de désinsertion.
Cet article s'appuie sur les sources publiques de référence. Vérifiez toujours l'information à jour auprès de ces sites officiels.
Ces obligations s’enchaînent : un accident mène souvent à une inaptitude, et la médecine du travail se trouve au milieu.
Les tableaux, la reconnaissance, et ce que l'employeur doit faire.
Découvrir →Les visites obligatoires, leur périodicité, et qui les déclenche.
Découvrir →Les six facteurs, les seuils, et le compte professionnel de prévention.
Découvrir →Integraall structure votre prévention et votre DUERP pour agir en amont - et vous aide à garder une longueur d'avance sur les situations d'inaptitude.