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Modèle de DUERP : ce qu’une trame doit contenir

Aucun format n'est imposé, donc une trame est légale. Ce qui ne l'est pas, c'est un document qui décrit une entreprise générique plutôt que la vôtre.

Par Johann Candelier Publié le 7 min de lecture

Modèle de DUERP : trame vierge à compléter sur un bureau

Un modèle de DUERP fait gagner une heure et peut vous en coûter beaucoup. La loi n’impose aucun format, donc une trame est parfaitement légale. Ce qui ne l’est pas, c’est un document unique qui décrit une entreprise générique plutôt que la vôtre : il ne prouve rien, et un contrôleur le repère en quelques minutes.

Voici ce qu’une trame doit contenir, comment s’en servir sans tomber dans le copier-coller, et pourquoi le « DUERP par métier » est à la fois utile et piégeux.

L’essentiel en 30 secondes

  • Aucun format imposé : une trame est légale, le copier-coller ne l’est pas.
  • Une trame utile prévoit huit colonnes, pas trois.
  • La page de garde porte la version et la date : c’est elle qu’on regarde en premier.
  • Un modèle sert d’aide-mémoire des familles de risques, pas de document final.
  • Le vrai travail se fait sur le terrain, pas dans la mise en forme.

Modèle de DUERP : ce qu’une trame doit contenir

La loi ne fixe pas de colonnes, mais elle fixe des exigences de fond. Traduites en tableau, elles donnent ceci :

Colonne À quoi elle sert
Unité de travail Situer le risque. C’est la charpente : si elle est fausse, tout l’est
Situation dangereuse Décrire le travail réel, pas l’intitulé de poste
Risque identifié Ce qui peut arriver, concrètement
Mesures existantes Ce qui est déjà en place et fonctionne vraiment
Cotation Gravité, fréquence, maîtrise : pour hiérarchiser
Action décidée La mesure retenue, en respectant la hiérarchie des principes de prévention
Responsable Sans pilote, une action n’avance pas
Échéance Une date, pas « courant 2026 »

Les trois dernières colonnes sont celles qui manquent presque toujours. Un tableau « risque → action » sans responsable ni échéance décrit une intention, pas une démarche. Dès cinquante salariés, ces lignes alimentent en plus le PAPRIPACT, avec un coût et un indicateur de résultat par mesure.

La page de garde

Elle paraît accessoire et c’est pourtant la première chose regardée. Elle porte : raison sociale, SIRET, effectif, activité, date de la version, numéro de version, nom du référent prévention, et la mention des personnes associées à l’évaluation.

La date est le point critique : c’est elle qui dit si votre document est vivant ou périmé. Voir quand mettre à jour le DUERP.

Modèle de DUERP : visite de terrain dans un atelier de production
Le métier donne la liste des questions ; votre entreprise donne les réponses.

Le « DUERP par métier » : utile, mais pas suffisant

Les trames sectorielles ont un vrai mérite : elles évitent d’oublier une famille de risques propre à l’activité. Une trame restauration pensera aux brûlures, aux coupures, au risque de glissade et à la classe F des feux de friteuse. Une trame bâtiment pensera aux chutes de hauteur et à l’amiante.

Leur limite est structurelle : deux entreprises du même métier n’ont pas les mêmes risques. Deux boulangeries, dont l’une a un laboratoire en sous-sol avec un escalier et l’autre un plain-pied, ne cotent pas les mêmes situations. Le métier donne la liste des candidats ; votre entreprise donne les réponses.

Un modèle sectoriel est une liste de questions. S’il vous fournit aussi les réponses, ce n’est plus une évaluation des risques.

Comment se servir d’une trame sans se tromper

  1. Découpez d’abord vos unités de travail. Avant d’ouvrir le moindre modèle. Sinon vous adopterez son découpage, qui n’est pas le vôtre.
  2. Servez-vous de la trame comme d’un aide-mémoire : passez en revue ses familles de risques et demandez-vous, pour chacune, « est-ce que ça existe chez nous, et où ? ».
  3. Supprimez tout ce qui ne vous concerne pas. Un DUERP qui liste des risques absents dilue les vrais et signale un copier-coller.
  4. Ajoutez ce que la trame ignore : c’est là que se trouve la valeur. Le passage étroit derrière la machine, l’escabeau utilisé faute de mieux, le client agressif du vendredi soir.
  5. Cotez avec les gens du poste. Une cotation faite depuis un bureau est une opinion.
  6. N’oubliez pas les risques psychosociaux : presque aucune trame gratuite ne les traite sérieusement. Voir les six familles de facteurs.

Tableur, papier ou logiciel ?

La loi ne tranche pas, et les trois sont valables. Ce qui départage, c’est ce qui se passe dans les années suivantes.

Support Ce qui va Ce qui coince
Papier Simple, immédiat Illisible à la mise à jour, versions difficiles à conserver 40 ans
Tableur Gratuit, souple On écrase la version précédente, aucun lien avec le plan d’actions, personne ne le rouvre
Logiciel Versions horodatées, actions reliées aux risques, rappels d’échéance Un coût, et le risque de croire que l’outil remplace le terrain

L’obligation de conserver quarante ans chaque version successive est ce qui condamne le tableur à moyen terme. On ne remplace pas un fichier, on en ajoute un : peu d’entreprises tiennent cette discipline plus de trois ans.

Une trame, c’est un début. Un document vivant, c’est autre chose

Unités de travail guidées, familles de risques balayées, versions horodatées et conservées, plan d’actions relié à chaque risque.

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La méthode étape par étape

Questions fréquentes

Peut-on utiliser un modèle de DUERP gratuit ?

Oui, la loi n’impose aucun format. Mais une trame ne vaut que comme aide-mémoire des familles de risques. Un document unique repris tel quel, sans description de vos unités de travail et de vos situations réelles, n’a aucune valeur probante.

Quelles colonnes prévoir ?

Au minimum huit : unité de travail, situation dangereuse, risque identifié, mesures existantes, cotation, action décidée, responsable, échéance. Les trois dernières sont celles qui manquent le plus souvent.

Un DUERP par métier est-il valable ?

Comme point de départ, oui : il évite d’oublier une famille de risques propre à l’activité. Comme document final, non : deux entreprises du même métier n’ont pas la même implantation, les mêmes équipements ni les mêmes horaires.

Le DUERP peut-il tenir sur un tableur ?

Légalement oui. En pratique, la difficulté arrive à la troisième mise à jour : on écrase la version précédente, alors que la loi impose de conserver quarante ans chaque version successive.

Que doit contenir la page de garde ?

Raison sociale, SIRET, effectif, activité, date et numéro de version, nom du référent prévention, et la mention des personnes associées à l’évaluation. La date est ce qu’on regarde en premier.

Faut-il coter les risques ?

Aucune méthode n’est imposée, mais sans cotation il n’y a pas de hiérarchisation possible, donc pas de priorités défendables. L’essentiel est d’utiliser la même échelle partout et de l’expliquer dans le document.

Combien de risques faut-il lister ?

Il n’y a pas de nombre attendu. Un document de trois lignes est manifestement incomplet ; un document de trois cents lignes recopiées d’une trame est tout aussi suspect. Ce qui compte est la correspondance avec vos situations réelles.

Les risques psychosociaux doivent-ils figurer dans la trame ?

Oui, l’obligation de sécurité couvre la santé physique et mentale. C’est précisément ce que les trames gratuites traitent le plus mal : prévoyez une section structurée sur les six familles de facteurs.

Sources officielles

Cet article s’appuie sur les textes du Code du travail cités au fil de la page (articles L4121-1 à L4121-3, R4121-1, R4121-2 et R4121-4) et sur les ressources ci-dessous. La réglementation évolue : vérifiez toujours l’information à jour auprès de ces sites.

À retenir

  • Aucun format imposé : la trame est légale, le copier-coller ne l’est pas.
  • Huit colonnes, dont responsable et échéance.
  • La trame sert d’aide-mémoire, elle ne fournit pas les réponses.
  • Supprimez ce qui ne vous concerne pas, ajoutez ce qu’elle ignore.
  • La conservation 40 ans est ce qui condamne le tableur à terme.
Johann Candelier

Fondateur d'Integraall, marque de Ça Des Boîtes - AURA, organisme de formation déclaré auprès de la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes (NDA 84692686569). Il conduit lui-même les démarches DUERP, PAPRIPACT et QVCT auprès des entreprises accompagnées.

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