Passer au contenu principal

Integraall

Trame de PAPRIPACT : les colonnes indispensables

Ce n'est pas une liste de bonnes intentions : quatre éléments sont imposés par le Code du travail pour chaque mesure. Voici la trame minimale, colonne par colonne.

Par Johann Candelier Publié le 7 min de lecture

Trame de PAPRIPACT : construction du programme annuel de prévention

Une trame de PAPRIPACT n’est pas une liste de bonnes intentions : c’est un tableau dont quatre colonnes sont imposées par le Code du travail. Pour chaque mesure : ses conditions d’exécution, des indicateurs de résultat et l’estimation de son coût. Plus les ressources mobilisables et un calendrier.

C’est précisément ce qui manque dans la plupart des documents qu’on nous montre. Voici la trame minimale, colonne par colonne, et les trois qui font la différence en contrôle.

L’essentiel en 30 secondes

  • Obligatoire à partir de 50 salariés ; liste d’actions consignée au DUERP en dessous.
  • Quatre éléments imposés par mesure : conditions d’exécution, indicateurs, coût.
  • Plus les ressources mobilisables et un calendrier de mise en œuvre.
  • Aucun format imposé : un tableur suffit, s’il contient tout.
  • Il découle du document unique : pas de mesure sans risque évalué en face.

Trame de PAPRIPACT : les colonnes imposées

Le Code du travail est précis sur trois points. Le programme annuel :

  1. Fixe la liste détaillée des mesures à prendre au cours de l’année à venir, y compris les mesures de prévention des effets de l’exposition aux facteurs de risques professionnels, et comprend pour chacune ses conditions d’exécution, des indicateurs de résultat et l’estimation de son coût ;
  2. Identifie les ressources de l’entreprise pouvant être mobilisées ;
  3. Comprend un calendrier de mise en œuvre.

Traduit en colonnes, cela donne la trame minimale ci-dessous.

Trame de PAPRIPACT : calendrier de mise en oeuvre des mesures
Une échéance, c’est une date. Pas un trimestre.

La trame, colonne par colonne

Colonne Ce qu’on y met Statut
Risque concerné Le risque tel qu’il figure au document unique, avec son unité de travail Indispensable
Unité de travail Où la mesure s’applique. Sans elle, rien n’est vérifiable Indispensable
Mesure Une action, pas une intention : « installer », « remplacer », « former », « réorganiser » Imposé
Niveau de prévention Suppression, protection collective, organisation, protection individuelle Recommandé
Conditions d’exécution Comment on s’y prend : prestataire, arrêt de production nécessaire, prérequis Imposé
Responsable Une personne nommée, pas un service Indispensable
Échéance Une date, pas un trimestre Imposé
Indicateur de résultat Ce qui prouvera que ça a marché : mesure refaite, taux, nombre de déclarations Imposé
Coût estimé Un ordre de grandeur suffit, y compris « zéro euro, deux heures » Imposé
Ressources mobilisées Internes et externes : service de santé au travail, caisse régionale, aides Imposé
Statut À faire, en cours, fait, abandonné avec motif Indispensable

Les trois colonnes qui font la différence

Un programme sans indicateur de résultat, sans responsable nommé et sans date n’est pas un programme. C’est une liste de souhaits, et un contrôleur le voit en trente secondes.

  • L’indicateur de résultat. C’est la colonne la plus souvent vide, et c’est celle qui est explicitement exigée par le texte. « Nouveau mesurage de bruit sous 85 dB(A) », « zéro chute déclarée sur la zone », « taux de port constaté supérieur à 90 % ».
  • Le responsable nommé. Un service n’est responsable de rien. Une personne, si.
  • Le coût, même à zéro. Écrire « 0 € et 2 heures » pour un réglage de poste n’est pas anecdotique : c’est ce qui montre qu’on a arbitré, et que la mesure n’a pas été écartée pour raison budgétaire.

Ce qui alimente le programme

  1. Le document unique, en priorité : les risques les plus élevés remontent en tête. Voir la solution DUERP.
  2. Les accidents et presque-accidents de l’année, avec leur analyse.
  3. Les alertes du CSE et les signalements consignés au registre. Voir danger grave et imminent.
  4. Les préconisations du service de prévention et de santé au travail et des organismes de sécurité sociale.
  5. Les échéances réglementaires : vérifications périodiques et recyclages de formation. Voir le calendrier des recyclages.
  6. Les mesures non réalisées du programme précédent, avec le motif.

Ce dernier point est un test de sincérité. Un programme qui reprend chaque année les mêmes lignes sans jamais expliquer pourquoi elles n’ont pas avancé se retourne contre l’employeur.

Ce qui se passe autour de la trame

  • Consultation du CSE : le programme lui est présenté chaque année, en même temps que le rapport annuel. L’absence de consultation constitue une entrave. Voir le rôle du CSE en santé au travail.
  • Avis motivé : le CSE peut proposer un ordre de priorité et des mesures supplémentaires. L’employeur qui ne les retient pas doit motiver sa décision.
  • Mise à disposition avec le document unique.
  • Suivi en cours d’année : un point trimestriel sur la colonne « statut » suffit à éviter le rattrapage de décembre.

Et en dessous de 50 salariés ?

Pas de programme formel, mais une obligation réelle : la liste des actions de prévention et de protection est consignée dans le document unique et ses mises à jour. Les mêmes colonnes restent utiles, en version allégée : risque, unité, mesure, responsable, échéance, statut.

Sur la distinction entre les deux documents, voir DUERP ou PAPRIPACT.

Un programme qui se suit toute l’année

Mesures issues de votre document unique, responsables et échéances, indicateurs de résultat et suivi de l’avancement.

Découvrir la solution PAPRIPACT
Voir la solution DUERP

Questions fréquentes

Quelles colonnes sont obligatoires dans un PAPRIPACT ?

Pour chaque mesure : ses conditions d’exécution, des indicateurs de résultat et l’estimation de son coût. S’y ajoutent l’identification des ressources mobilisables et un calendrier de mise en œuvre.

Existe-t-il un modèle officiel ?

Non, aucun format n’est imposé. Un tableur convient parfaitement s’il contient les éléments exigés et s’il est daté, versionné et présenté au CSE.

Qu’est-ce qu’un bon indicateur de résultat ?

Quelque chose de vérifiable après coup : un nouveau mesurage sous un seuil, un nombre de déclarations, un taux de port constaté, une durée d’exposition réduite. « Amélioration de la sécurité » n’est pas un indicateur.

Faut-il chiffrer les mesures gratuites ?

Oui, et c’est utile. Écrire « 0 € et 2 heures » pour un réglage de poste montre que la mesure a été arbitrée et qu’elle n’a pas été écartée pour raison budgétaire.

Que faire des mesures non réalisées ?

Les reprendre en indiquant le motif. Un programme qui reconduit les mêmes lignes chaque année sans explication se retourne contre l’employeur en cas de contentieux.

Le CSE doit-il être consulté ?

Oui, chaque année. Il peut proposer un ordre de priorité et des mesures supplémentaires ; l’employeur qui ne les retient pas doit motiver sa décision. L’absence de consultation constitue une entrave.

Et si l’entreprise a moins de 50 salariés ?

Le programme formel n’est pas exigé, mais la liste des actions de prévention et de protection doit être consignée dans le document unique et ses mises à jour. Les mêmes colonnes restent utiles en version allégée.

À quelle fréquence le mettre à jour ?

Il est annuel, mais la colonne « statut » se tient toute l’année. Un point trimestriel évite le rattrapage de décembre, où l’on découvre que rien n’a avancé.

Sources officielles

Cet article s’appuie sur les textes du Code du travail cités au fil de la page (article L4121-3-1 pour le programme annuel et la liste des actions, L2312-27 pour la consultation du CSE, R4121-1 et R4121-2 pour le document unique) et sur les ressources publiques ci-dessous. La réglementation évolue : vérifiez toujours l’information à jour.

À retenir

  • Quatre éléments imposés : conditions d’exécution, indicateurs, coût, calendrier.
  • Les trois colonnes qui font la différence : indicateur, responsable nommé, date.
  • Aucun format imposé : un tableur suffit s’il contient tout.
  • Reprendre les mesures non réalisées avec leur motif.
  • En dessous de 50 salariés : liste d’actions consignée au DUERP.
Johann Candelier

Fondateur d'Integraall, marque de Ça Des Boîtes - AURA, organisme de formation déclaré auprès de la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes (NDA 84692686569). Il conduit lui-même les démarches DUERP, PAPRIPACT et QVCT auprès des entreprises accompagnées.

Notre exigence Nos résultats

Votre prévention mérite mieux qu'un tableur.

DUERP, PAPRIPACT, audit QVCT, formations et intervenants vérifiés : tout au même endroit.

Autodiagnostic gratuit, 2 min Voir les solutions