Une association qui emploie un salarié est un employeur, avec exactement les mêmes obligations qu’une entreprise. Document unique dès le premier salarié, formation à la sécurité, affichages, registres. Le statut associatif ne change rien.
Le DUERP association obéit donc aux mêmes règles que partout, avec une question que le secteur privé ne connaît pas : que fait-on des bénévoles ? Voici la réponse, et l’évaluation d’une structure associative ou sportive.
L’essentiel en 30 secondes
- DUERP obligatoire dès le premier salarié, statut associatif compris.
- Les bénévoles ne sont pas des salariés : hors Code du travail, mais pas hors responsabilité.
- Encadrement sportif rémunéré : carte professionnelle obligatoire.
- Les événements concentrent les risques : montage, hauteur, manutention, public.
- Déplacements et transport de licenciés : le premier risque en gravité.
DUERP association : qui est couvert, qui ne l’est pas
| Statut | Code du travail | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| Salarié | Applicable | Document unique, formation, EPI, toutes les obligations |
| Bénévole | Non applicable | Pas d’obligation au titre du Code du travail, mais responsabilité de l’association |
| Service civique, stagiaire | Partiellement | Les règles de santé et sécurité leur sont applicables |
| Contrat d’engagement éducatif | Applicable, avec dérogations | Régime particulier sur le temps de travail, obligation de sécurité entière |
« Les bénévoles ne relèvent pas du Code du travail » est juridiquement exact et pratiquement dangereux. Un bénévole blessé pendant le montage d’une structure engagera la responsabilité de l’association, et la question posée sera : qu’aviez-vous prévu ?
La bonne pratique, très largement recommandée : étendre l’évaluation aux activités bénévoles, sans confusion de statut. On évalue les mêmes situations, on prend les mêmes mesures, et on l’écrit dans un volet distinct du document.

Découper une structure associative
| Découpage inutile | Découpage exploitable |
|---|---|
| « L’association » | Administration / encadrement d’activité / entretien des locaux et matériel |
| « Les éducateurs » | Activité en salle / en extérieur / en milieu aquatique / déplacements |
| « Les événements » | Montage et démontage / accueil du public / buvette et restauration |
| « Les bénévoles » | Rattachés à l’activité qu’ils réalisent, dans un volet distinct |
Les risques du secteur
1. Les déplacements
C’est le premier risque en gravité, et de loin : trajets vers les compétitions, transport de licenciés, retours tardifs, conducteur qui a encadré toute la journée. Voir risque routier professionnel.
Trois règles à poser par écrit : qui conduit et avec quelle assurance, une pause obligatoire avant le retour après une journée d’encadrement, et l’interdiction de prendre la route au-delà d’une amplitude définie.
2. Les événements
Ils concentrent les risques sur quelques heures, avec des personnes qui ne font pas ça d’habitude :
- Montage et démontage : manutention lourde, travail en hauteur sur échafaudage ou nacelle, structures temporaires.
- Arrimage des équipements : les buts et structures non fixés sont à l’origine d’accidents graves, y compris mortels.
- Électricité temporaire : rallonges, groupes, humidité.
- Buvette et restauration : coupures, brûlures, gestion de l’alcool. Voir addictions au travail.
- Organisation des secours : qui appelle, d’où, avec quels moyens, et où se trouve le défibrillateur.
3. L’encadrement d’activité
Rappel utile : enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive contre rémunération suppose une qualification enregistrée et une carte professionnelle. Voir activité physique en entreprise pour le détail de cette obligation.
S’y ajoutent, pour l’encadrant lui-même : sollicitation physique, voix, bruit en salle, exposition au soleil et à la chaleur en extérieur. Voir fortes chaleurs au travail.
4. Le public et la charge émotionnelle
Incivilités des parents et des spectateurs, tensions autour de l’arbitrage, gestion de conflits. Et pour les associations à vocation sociale, une exposition à des situations lourdes qui relève des facteurs de risques psychosociaux : elle s’évalue, et elle s’accompagne.
5. Les horaires et l’isolement
Soirs, week-ends, saisonnalité, ouverture et fermeture des locaux par une seule personne. Voir travail isolé : la question n’est pas d’équiper mais de savoir combien de temps s’écoulerait avant qu’on s’aperçoive de quelque chose.
Ce que les associations oublient le plus
- Le document unique lui-même : beaucoup de structures employeuses n’en ont aucun, sans le savoir.
- Le référent santé et sécurité, obligatoire dès le premier salarié.
- Les mineurs employés en animation ou en saison, qui relèvent du régime des travaux réglementés.
- Les affichages obligatoires, dont les coordonnées des secours et du service de santé au travail. Voir affichage obligatoire.
- La mise à jour après un changement d’activité, une nouvelle discipline ou un nouvel équipement.
La bonne nouvelle : dans une structure de quelques salariés, un document unique sérieux tient en quelques pages, et l’essentiel se règle par de l’organisation plutôt que par du budget.
Un document unique à la taille de votre structure
Unités de travail par activité, volet bénévoles distinct, événements couverts et plan d’actions daté.
Questions fréquentes
Une association doit-elle avoir un DUERP ?
Dès qu’elle emploie au moins un salarié, oui, exactement comme une entreprise. Le statut associatif ne crée aucune dispense. Une association sans salarié n’y est pas tenue au titre du Code du travail.
Les bénévoles sont-ils couverts ?
Le Code du travail ne leur est pas applicable : ils ne figurent donc pas au document unique au titre de l’obligation légale. Mais l’association reste responsable de leur sécurité, et la bonne pratique est d’étendre l’évaluation à leurs activités, dans un volet distinct.
Faut-il une carte professionnelle pour encadrer ?
Oui, pour enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive contre rémunération. Elle est délivrée après déclaration, sur la base d’une qualification enregistrée, et mentionne les activités autorisées.
Quel est le premier risque d’un club ?
Les déplacements, en gravité. Trajets vers les compétitions, transport de licenciés, retours tardifs après une journée d’encadrement : c’est là que se produisent les accidents les plus graves.
Que prévoir pour un événement ?
Le montage et le démontage, l’arrimage des structures et des équipements, l’électricité temporaire, la buvette, et surtout l’organisation des secours : qui appelle, d’où, et où se trouve le défibrillateur.
Un mineur employé l’été peut-il tout faire ?
Non. Les moins de 18 ans relèvent du régime des travaux réglementés, qui vise notamment les machines dangereuses, les travaux en hauteur et certains produits. L’affectation suppose une procédure de dérogation encadrée.
Faut-il un référent santé et sécurité ?
Oui, dès le premier salarié. L’employeur désigne un ou plusieurs salariés compétents pour s’occuper des activités de protection et de prévention. C’est une obligation méconnue et facilement constatable.
Combien de pages pour une petite structure ?
Quelques-unes suffisent, à condition qu’elles décrivent les activités réelles. Ce qui compte n’est pas le volume mais le lien entre les risques identifiés, les mesures prises et les dates.
Sources officielles
Cet article s’appuie sur les textes cités au fil de la page (articles L4121-1 à L4121-3, R4121-1 et R4121-2, L4644-1 pour le salarié compétent, D4153-15 et suivants pour les travaux réglementés des jeunes du Code du travail, articles L212-1 et L212-11 du Code du sport pour la carte professionnelle) et sur les ressources publiques ci-dessous. La réglementation évolue : vérifiez toujours l’information à jour.
- INRS – Sport et associations
- INRS – Évaluation des risques professionnels
- Ministère du Travail – Le document unique d’évaluation des risques
À retenir
- DUERP obligatoire dès le premier salarié, association comprise.
- Les bénévoles sont hors Code du travail, pas hors responsabilité : volet distinct.
- Déplacements en tête des risques graves.
- Les événements concentrent tout : montage, hauteur, secours.
- Le référent santé et sécurité est obligatoire, et presque jamais désigné.
Fondateur d'Integraall, marque de Ça Des Boîtes - AURA, organisme de formation déclaré auprès de la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes (NDA 84692686569). Il conduit lui-même les démarches DUERP, PAPRIPACT et QVCT auprès des entreprises accompagnées.
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