Passer au contenu principal

Integraall

Référent santé sécurité au travail : qui désigner

Obligatoire dans toutes les entreprises dès le premier salarié depuis 2011. Quinze ans plus tard, une majorité de dirigeants l'ignore ou la confond avec autre chose.

Par Johann Candelier Publié le 7 min de lecture

Référent santé sécurité au travail : relevé de terrain sur site

Le référent santé et sécurité au travail est obligatoire dans toutes les entreprises, dès le premier salarié, depuis 2011. Quinze ans plus tard, une majorité de dirigeants ignore encore cette obligation, ou la confond avec le référent harcèlement ou le sauveteur secouriste du travail.

Ce sont trois choses différentes, avec trois seuils différents. Voici qui doit désigner qui, ce que le désigné doit pouvoir faire, et la solution quand la compétence n’existe pas en interne.

L’essentiel en 30 secondes

  • Obligation issue de l’article L4644-1, dès le premier salarié.
  • L’employeur désigne un ou plusieurs salariés compétents en prévention.
  • Le désigné a droit au temps, aux moyens et à une formation à sa demande.
  • À défaut de compétence interne : intervenants extérieurs, service de santé au travail, CARSAT.
  • À ne pas confondre avec le référent harcèlement ni avec le SST.

Référent santé sécurité au travail : ce que dit le texte

L’employeur désigne un ou plusieurs salariés compétents pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels de l’entreprise. C’est une obligation de désignation, pas une faculté, et aucun seuil d’effectif ne la conditionne.

Trois précisions qui changent la portée :

  • Le salarié désigné dispose du temps nécessaire et des moyens requis pour exercer sa mission. Une désignation sans temps dédié n’en est pas une.
  • Il bénéficie, à sa demande, d’une formation en matière de santé au travail.
  • Il ne peut subir aucune discrimination en raison de ses activités de prévention. C’est la contrepartie logique : on lui demande de signaler des problèmes.
Référent santé sécurité au travail : point de prévention avec les équipes
Sans temps dédié ni lettre de mission, le référent est un nom sur un organigramme.

Les trois référents qu’on confond

Rôle À partir de Désigné par
Salarié compétent en prévention 1 salarié L’employeur
Référent harcèlement sexuel du CSE 11 salariés Le CSE, parmi ses membres
Référent harcèlement sexuel employeur 250 salariés L’employeur
Référent handicap 250 salariés L’employeur
Sauveteur secouriste du travail Selon l’activité et les locaux Formé, pas désigné : c’est une compétence

La dernière ligne est celle qui crée le plus de malentendus. Un SST est une personne formée aux gestes de secours : ce n’est pas un préventeur, et le désigner comme référent santé-sécurité ne remplit pas l’obligation. Voir SST : obligation et recyclage et le rôle du CSE en santé au travail.

Que fait concrètement le salarié désigné

  1. Il pilote l’évaluation des risques et tient à jour le document unique avec les équipes.
  2. Il suit le plan d’actions : qui fait quoi, pour quand, et où ça en est. À partir de 50 salariés, c’est le programme annuel de prévention.
  3. Il tient les échéances : vérifications périodiques, recyclages de formation, contrôles réglementaires. Voir le calendrier des recyclages.
  4. Il analyse les accidents et les presque-accidents, et en tire des mesures.
  5. Il fait le lien avec le service de prévention et de santé au travail, le CSE et les entreprises extérieures.

La désignation ne vaut que si elle s’accompagne de trois choses : du temps identifié, un accès direct à la direction, et une lettre de mission écrite. Sans elles, le référent est un nom sur un organigramme.

Quand la compétence n’existe pas en interne

Le texte prévoit explicitement ce cas. À défaut de compétences disponibles dans l’entreprise, l’employeur peut faire appel :

  • au service de prévention et de santé au travail auquel il adhère ;
  • à des intervenants en prévention des risques professionnels extérieurs, enregistrés auprès de l’autorité administrative ;
  • aux organismes de sécurité sociale, notamment les caisses régionales ;
  • aux organismes professionnels de prévention du bâtiment et des travaux publics ;
  • aux agences régionales pour l’amélioration des conditions de travail.

Point important : le recours à un intervenant extérieur ne dispense pas de désigner un salarié en interne. Il vient en appui, pas en remplacement, et la priorité reste donnée à la ressource interne.

Comment le mettre en place, sans usine à gaz

  1. Choisir la bonne personne : quelqu’un qui connaît le terrain et qui est écouté, pas nécessairement un cadre.
  2. Écrire une lettre de mission : périmètre, temps dédié, moyens, à qui elle rend compte.
  3. Informer le CSE et les équipes de la désignation.
  4. Former : le désigné y a droit à sa demande, et c’est ce qui rend la mission tenable.
  5. Donner un accès direct à la direction. Un référent qui doit passer par trois niveaux pour signaler un danger ne signalera pas.

Un référent désigné, formé et outillé

Document unique à jour, plan d’actions daté, échéances de vérification et de formation suivies : de quoi rendre la mission tenable.

Découvrir la solution DUERP
Voir nos formations

Questions fréquentes

Le référent santé et sécurité est-il obligatoire ?

Oui, dans toutes les entreprises et dès le premier salarié. L’article L4644-1 impose à l’employeur de désigner un ou plusieurs salariés compétents pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels.

Faut-il un diplôme particulier ?

Non. Le texte parle de salarié compétent, pas de qualification imposée. Le désigné bénéficie, à sa demande, d’une formation en matière de santé au travail, et c’est ce qui construit la compétence.

Peut-on désigner un SST ?

La personne peut être la même, mais les deux rôles ne se confondent pas. Un sauveteur secouriste du travail est formé aux gestes de secours ; le référent est chargé d’activités de prévention. Désigner un SST ne remplit pas l’obligation à lui seul.

Peut-on se contenter d’un prestataire extérieur ?

Non. Le recours à un intervenant extérieur, au service de santé au travail ou à la caisse régionale est prévu à défaut de compétences internes, mais il vient en appui : la priorité reste donnée à la ressource interne, et la désignation demeure.

Le dirigeant peut-il se désigner lui-même ?

Dans une très petite structure, c’est fréquent et cela peut se concevoir. Cela reste toutefois moins solide qu’une désignation distincte : le référent a notamment pour rôle de faire remonter ce qui ne va pas.

Quelle protection pour le désigné ?

Il ne peut subir aucune discrimination en raison de ses activités de prévention. C’est la contrepartie de la mission : on lui demande de signaler des problèmes, parfois inconfortables.

Quel temps lui accorder ?

Le texte parle du temps nécessaire et des moyens requis, sans le chiffrer. En pratique, une désignation sans temps identifié ni lettre de mission écrite ne produit rien et ne protège pas l’employeur.

Que risque-t-on à ne pas désigner ?

C’est un manquement constatable immédiatement lors d’un contrôle. Surtout, il affaiblit toute la démarche : sans personne chargée du sujet, le document unique se périme, les échéances passent et les actions ne sont pas suivies.

Sources officielles

Cet article s’appuie sur les textes du Code du travail cités au fil de la page (article L4644-1 pour le salarié compétent, L2314-1 pour le référent harcèlement du CSE, L1153-5-1 pour le référent employeur, L5213-6-1 pour le référent handicap, L4121-1 à L4121-3) et sur les ressources publiques ci-dessous. La réglementation évolue : vérifiez toujours l’information à jour.

À retenir

  • Obligatoire dès le premier salarié, sans seuil.
  • Temps, moyens, formation : sinon la désignation est vide.
  • À ne pas confondre avec le référent harcèlement ni avec le SST.
  • Le prestataire extérieur vient en appui, pas en remplacement.
  • Lettre de mission écrite et accès direct à la direction.
Johann Candelier

Fondateur d'Integraall, marque de Ça Des Boîtes - AURA, organisme de formation déclaré auprès de la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes (NDA 84692686569). Il conduit lui-même les démarches DUERP, PAPRIPACT et QVCT auprès des entreprises accompagnées.

Notre exigence Nos résultats

Votre prévention mérite mieux qu'un tableur.

DUERP, PAPRIPACT, audit QVCT, formations et intervenants vérifiés : tout au même endroit.

Autodiagnostic gratuit, 2 min Voir les solutions